Interview de Jacques Digout, responsable du DBA

Par 6 février 2017Actualités, Programme

Le DBA aide les managers à voir plus loin

Jacques Digout

Pourquoi avoir créé le Doctorate of business administration à Toulouse ?

Au départ pour répondre à la demande de chefs d’entreprise ou de cadres supérieurs qui suivaient nos formations en MBA ou dans notre Centre de Perfectionnement des Affaires. Ils souhaitaient aller au-delà de la vision à 360° de leur entreprise donnée par ces formations. Grâce à la démarche scientifique propre au doctorat, le DBA aide les managers à voir plus loin, à imaginer de nouvelles solutions pour le futur, dans un contexte de défis, comme celui de la transformation numérique.

Maintenant le programme est aussi apprécié par des formateurs d’établissement d’enseignement supérieur qui, professionnels, veulent enrichir leurs cours de l’apport d’une approche scientifique.

Quand un manager veut se former, il ne pense pas naturellement à un doctorat. Comment vous est venue cette idée ?

Mon parcours m’a sans doute inspiré. En effet, j’ai une formation en gestion et finances, ainsi qu’un doctorat en informatique. Et je viens d’une famille de commerçants qui avait la fibre des affaires. J’ai débuté ma carrière par des projets de mise au point d’outils, dans un contexte à la fois scientifique et opérationnel. Encore aujourd’hui, par plaisir, je mène de front des activités universitaires et entrepreneuriales. C’est en quelque sorte l’esprit du DBA.

Qu’est-ce qui différencie le DBA d’une thèse « classique » ?

Dans le DBA, la rigueur scientifique est de mise comme pour toute thèse, mais un champ d’application est nécessaire. Il ne peut s’agir que de lister les modèles relatifs à un sujet. Par exemple, un de nos doctorants originaire du Qatar a creusé les voies possibles pour une nation de devenir une marque mondiale en sport. Un autre a aidé un gouvernement européen sur l’implantation des entreprises chinoises dans le pays. Un autre a établi validé des modèles de gouvernance dans des entreprises familiales. Etc. Il faut analyser la littérature, repérer les modèles, éventuellement les adapter et valider celui retenu sur le terrain. Une recherche nécessairement de terrain. Éventuellement adossée à des études de cas. Mais avec une exigence de rigueur scientifique forte.

Comment concilier une thèse et de lourdes responsabilités professionnelles ?

La thèse demande un fort investissement personnel. C’est pourquoi nous opérons d’abord une sélection stricte des candidats. Ils doivent montrer une propension à la pensée scientifique, et avoir la capacité à tenir un projet sur quatre ans, le temps nécessaire à la maturation des idées. Ensuite, il s’agit de ne pas les perdre en route. Pour cela, nous avons mis au point un système d’encadrement performant qui est vraiment la spécificité de Toulouse Business School : une promotion ne dépasse pas quinze personnes, ce qui permet à chacun de nos étudiants d’être suivi par un Directeur Académique et par un Professeur Expert du sujet qu’il traite. A ces deux référents avec qui il est en contact tout au long de son doctorat, il peut demander assistance quand il le souhaite.

Autre spécificité de Toulouse Business School, les « templates de recherche ». Avec une équipe de chercheurs de TBS nous avons balisé toute la progression vers la thèse de DBA par des documents qui permettent au doctorant de valider chacune des étapes et de la lier aux précédentes et aux suivantes. C’est un vrai dispositif de guidage de la progression. Essentiel pour sécuriser le parcours de quatre années.

Le DBA se déroule à TBS Paris, mais aussi à Guangzhou, en Chine. Pourquoi ?

Toulouse Business School avait déjà une antenne à Guangzhou au sein de l’Université de Jinan. Les étudiants et les professeurs Chinois se montraient très intéressés par les doctorats en administration des entreprises qui existaient aux États-Unis. Et il y a maintenant beaucoup de patrons chinois de la deuxième génération, très bien formés, qui cherchent à se diversifier en Europe. L’Université de Jinan qui nous accueille fait partie des premières université chinoises ,et les recherche qui s’y développent sont reconnues. Cette rencontre entre TBS et la Management School de l’Université de Jinan a permis de développer et de pérenniser le DBA de TBS localement. Avec des liens étroits entre enseignants des deux établissements, mais aussi étudiants des deux implantations, Paris et Guangzhou, car le programme est prévu pour donner l’occasion de séminaires en communs. Temps d’échanges très riches !